
Opinion: L'étalement urbain: un faux problème?
- Arrnand G. Robichaud, MICU.
Lorsque j'étais étudiant à la maîtrise en urbanisme à l'université de Montréal j'ai fait un travail sur l'étalement urbain. Ce travail était en reaction à une publication de Jean Dumas, La Dispersion au Nouveau-Brunswick luxe ou calamité d'un pavs pauvre (1976).
Le travail, de ce professeur en géographie originaire de la France, m'avait profondément choqué. Non seulement il remettait en question le mode de peuplement prédominant chez les Acadiens au Nouveau-Brunswick mais il associait ce type d' occupation du sol à la pauvreté. Le professeur Dumas démontre que les coûts dè la voirie, de l'éducation et des services hospitaliers sont plus importants lorsque l'habitat est disperse. Tout son hypothèse est base sur l 'utilisation de l' automobile comme moyen de transports et des coûts qui sont associés à ce moyen de transport. M'inspirant des modèles socialistes, en vogue à cette époque à l'université de Montreal, je concluais que la concentration de l ' habitat relevait d' un complot capitaliste.
Comay Planning Consultants et autres réalisaient pour le compte du Ministère des Affaires municipales, Une Etude de l'étalement urbain au Nouveau Brunswick (1980). Cette etude met l'emphase sur les repercussions: environnementales, sur les ressources (terres arables et ressources forestières), sur les municipalités avoisinantes et sur les coûts des services. On recommande l'adoption d'une politique provinciale, I'identification de zones prioritaires d'intervention et de nouveaux mécanismes de contrive des lotissements.
La Commission sur l'utilisation des terres et de l'environnement rural (CUTER) dans son Rapport final (1993) accorde une grande importance à l'étalement urbain et à l'aménagement linéaire. La CUTER suggère que des politiques soient établies qui favoriseraient l'aménagement dans les secteurs qui s'y prêtent mieux tout en protègeant les ressources naturelles et les secteurs vulnérables sur Ie plan environnemental.
S'il s'agissait d'un faux problème? Si l' statement et l' aménagement linéaire n'étaient pas les pires ennemis des urbanistes? II faut admettre que la protection des ressources naturelles et des secteurs vulnérables tels que prévus par la CUTER sont de dignes objectifs. Cependant, toute cette polémique relative aux coûts associés à l'étalement me laisse perplexe. Je pretends que les gens qui s'établissent en campagne n'ont pas le coût comme principale preoccupation relative à ce choix. On s'installe en campagne pour être près de ses parents ou pour être plus près de la nature. Les personnes qui vivent dans un milieu rural avec un acre ou plus de propriété et qui mettent à bon usage cette propriété par des activités de jardinage, d'aménagement forestier ou de loisirs sont de légitimes occupants du milieu rural. Ils contribuent à garder de l'espace vert autour des habitats et donc à la preservation de l'environnement. Leurs activités extérieures contribuent à maintenir leur famille en bonne santé et donc à réduire les coût inhércnts aux systèmes de soins. La population travaille de plus en plus dans l'industrie du savoir, on n'a donc plus recours à la force et à l'agilité physiques requises par les activités primaires et les industries de transformation d'antan et qui contribuaient à la forme physique et à la santé de la population.
Avec les nouveaux outils informatiques, il devient de moins en moins nécessaire de se déplacer pour travailler et pour faire ses achats. Est-ce que l'education à distance par vidéo-conférence remplaçera éventuellement nos écoles et nos universités? Est-ce que le règne de l' automobile et des autoroutes pour véhicules tirent à leurs fins pour êtrè remplacées par l' ordinateur et l' autoroute de l'information? Est-ce que le modèle de développement de l'avenir est celui du Nouveau-Brunswick, caractérisé par une faible densité de l'habitat, qui est la consequence do generations de laisser faire en aménagement?
Armand G. Robichaud,M.l.C.U.
beaubcap@nbnet. nb. ca
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